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Des journalistes marchent pour exiger la lumière sur la disparition de Vladjimir Legagneur

National –

Munis de pancartes sur lesquelles on pouvait lire un ensemble de messages traduisant la colère, l’impatience et le ras-le-bol des journalistes qui sont sans nouvelles de leur collègue depuis quatorze jours, les marcheurs arborant pour la plupart des T-shirts blancs à l’effigie du photojournaliste étaient partis de la place de la Constitution au Champ de Mars avant de faire un premier arrêt devant le ministère de la Justice et de la Sécurité publique à l’avenue Charles Sumner, où ils ont délivré un message.

« Nous exigeons que la lumière soit faite autour de la disparition de notre confrère Vladjmir Legagneur et que la vérité éclate sur ce qui s’est passé », a indiqué Lunie Joseph, journaliste à Radio Zénith FM et membre de Media Info Plus. La journaliste rappelle que cela fait à peu près deux semaines depuis que le photojournaliste Vladjimir Legagneur était parti faire un reportage à Grand-Ravine. Depuis, on n’a eu aucune nouvelle de lui. « La corporation et sa famille invitent les autorités à prendre leurs responsabilités afin que le pays puisse connaître la vérité sur ce dossier », exige Lunie Joseph, soulignant qu’ils n’ont pas besoin de la solidarité du ministère de la Justice et de la Sécurité publique ni d’aucun autre ministère du gouvernement. « La société les place dans des positions pour agir », a précisé la représentante de Media Info Plus qui n’attend que des « actions concrètes » de la part des autorités gouvernementales.

Les manifestants se sont arrêtés également en face de l’Office de la protection des citoyens (OPC), de la Direction départementale de l’Ouest de la PNH (DDO) et devant le local de la Commission épiscopale Justice et paix (CE-JILAP) où ils ont appelé chacun en ce qui le concerne à prendre leurs responsabilités. « Nous ne comprenons pas l’indifférence et la passivité de certains défenseurs des droits humains concernant la disparition de notre frère Vladjimir Legagneur alors que la presse et les organismes de défense des droits humains ont toujours travaillé ensemble », s’insurge de son côté, Jeanty Junior Augustin, membre de l’Union nationale des journalistes photographes haïtiens qui questionne ce silence.

Il était aux environs de 11h30 quand les marcheurs étaient arrivés à destination. En face du parquet de Port-au-Prince. « Ce dossier est un nouveau test pour la justice haïtienne », a estimé Édine Célestin, membre du K2D. Elle déplore que des enquêtes ouvertes dans d’autres cas de disparition de journalistes auparavant n’aient jamais abouti. « Maître Ocname Clamé Daméus, étonnez-nous cette fois. DCPJ, étonnez-nous cette fois. Michel-Ange Gédéon, étonnez-nous cette fois », a scandé la foule après Édine Célestin pour qui la période des disparations non élucidées est révolue. « Il ne doit pas y avoir de zones de non-droit », croit la photographe. « L’État n’a pour boussole et limite que les lois », selon Édine Célestin, les yeux rivés sur son texte.

Fleurette Guerrier Legagneur, l’épouse de Vladjimir Legagneur, a confié qu’elle a déjà déposé une nouvelle plainte à la suite de la disparition de son mari. « Les autorités sont obligées de faire quelque chose », soutient Fleurette Guerrier Legagneur, qui ne sait à quel saint se vouer.

Plusieurs responsables d’associations de journalistes, dont Jacques Desrosiers, secrétaire général de l’AJH, Guyler C. Delva de SOS Journalistes et des patrons de médias tels que Marvel Dandin et Liliane Pierre-Paul de Radio Kiskeya ont participle à la marche. « Ca me rappelle beaucoup de douleurs, beaucoup de blessures », a lâché Liliane Pierre-Paul qui a connu l’exil et qui avait perdu beaucoup de proches collègues sous la dictature. « Je suis interpellée. Je ne peux pas rester les bras croisés face à cette situation », a-t-elle dit.

Plusieurs hommes politiques, dont Moïse Jean Charles et René Civil, ont également été remarqués aux côtés des journalistes.

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